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Après 15 ans d’un chantier aux mille rebondissements, la Fédération Camerounaise de Football a officiellement pris possession de son nouveau siège ce mercredi 13 mai 2026. Entre ferveur populaire, hommages historiques et un parterre de stars mondiales, Yaoundé a vibré pour ce qui est désormais présenté comme la vitrine de la modernisation du football camerounais. Récit de deux jours de fête sous le signe de la grandeur et du dialogue
Tout a commencé le mardi 12 mai. Pour dire adieu à l’ancien siège de Tsinga, une marche sportive a relié les deux époques. Sous la conduite des officiels et d’une foule de sympathisants, le cortège a traversé les points névralgiques de Yaoundé : du carrefour Warda au monument de la Réunification, jusqu’au Stade Militaire
.Le soir venu, l’ambiance a basculé dans le show. Un match de gala a d’abord réuni d’anciennes gloires avant de laisser place à un concert géant. Les stars de la musique urbaine comme Kocee, Kameni, Cysoul et Vanister ont fait monter la température, transformant les abords du nouveau siège en un festival à ciel ouvert. « On ne célèbre pas seulement un immeuble, on célèbre notre fierté retrouvée », confiait un fan au milieu de la foule.
Le jour J : Un gotha du football mondial à Nsimalen
Mercredi 13 mai, 10h00. Le tarmac de l’aéroport de Nsimalen s’anime. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, est accueilli par Samuel Eto’o. Quelques heures plus tôt, c’est le Malgache Ahmad Ahmad, ancien patron de la CAF, qui foulait le sol camerounais. Dans les tribunes d’honneur à Warda, on croise des visages familiers : des légendes comme Jay-Jay Okocha ou El Hadj Diouf, venus témoigner de l’aura internationale que conserve le football camerounais.
Le geste fort : L’hommage d’Eto’o à Iya Mohamed
C’est sans doute l’image forte de cette journée. Devant le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, représentant personnel du Chef de l’État, Samuel Eto’o a choisi la carte de la réconciliation historique. Dans son discours, il a rendu un vibrant hommage à son prédécesseur Iya Mohamed, initiateur du projet en 2009.
« Monsieur le Premier Ministre, Iya Mohamed voyait bien plus loin que son époque. Il est le début de ce beau rêve », a déclaré le président de la FECAFOOT. Un pont jeté entre le passé et le présent qui a marqué les esprits, tout comme ses mots chaleureux envers le Ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, qualifié de « cher aîné ».Le message du gouvernement :
Du béton au dialogue
Au-delà de l’éclat du verre et de l’acier du nouveau bâtiment, le Premier Ministre Joseph Dion Ngute a tenu à adresser un message clair. En coupant le ruban, il a invité les dirigeants à faire de cet édifice un « espace de dialogue constructif ». Une manière de rappeler que si l’infrastructure est prête, le défi de la stabilité et de l’apaisement du football camerounais reste la priorité.Alors que les derniers invités quittent l’esplanade de Warda, une chose est certaine : le football camerounais a changé d’adresse, mais il a aussi, le temps d’une inauguration, retrouvé son unité autour d’un joyau qui ne demande plus qu’à être habité par des résultats sportifs à la hauteur de son architecture.
