- 0
- 338 words
Dans les quartiers de Yaoundé, les paris sportifs séduisent une jeunesse en quête de gains rapides. Entre excitation et désillusion, immersion dans un univers où le jeu flirte parfois avec la dépendance.
Dans l’antre des parieurs ! Il est 14 heures dans un kiosque à Cradat. Devant les écrans diffusant des matchs européens, une dizaine de jeunes scrutent les cotes. Téléphones en main, ils enchaînent les mises. « Aujourd’hui, c’est sûr, je gagne », avance Junior, 23 ans, confiant. Autour de lui, les discussions tournent autour des performances de clubs et des combinaisons à tenter. Dans ces espaces devenus familiers, le pari sportif s’apparente à un rituel quotidien. Entre amis ou en solo, chacun espère décrocher le jackpot.
Le jeu comme échappatoire
Pour certains, parier est d’abord un divertissement. « Ça me détend après les cours. Je mise juste 500 francs, pour le fun », explique Lionel, étudiant. Mais derrière ce loisir apparent, les mises peuvent rapidement s’accumuler. « J’ai commencé comme ça, doucement », déclare Arnaud, 25 ans. « Après, tu veux récupérer ce que tu as perdu… et tu mises encore. » Le cercle devient difficile à briser.
Des gains… et beaucoup de pertes
Les rares gagnants nourrissent les espoirs. « Une fois, j’ai gagné 80 000 francs. C’est ce qui me motive », raconte Junior, avec du sourire aux lèvres. Mais pour la majorité, les pertes s’enchaînent. « Franchement, j’ai déjà perdu plus que je ne gagne », reconnaît Arnaud, le regard baissé. Certains n’hésitent pas à emprunter pour continuer à jouer, espérant renverser la tendance.
Des avis partagés
Chez les parents, les opinions critiquent le phénomène. « C’est dangereux, ça peut détruire quelqu’un », alerte Mireille, femme au foyer. Papa Malachie ajoute : « cette histoire nous détruit les enfants. » Entre passion du sport et quête de gains faciles, les paris sportifs s’imposent dans le quotidien des jeunes. Le phénomène est déjà engrenage difficile à quitter.
