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Au Cameroun, les disparitions de personnes continuent d’inquiéter. Selon un bulletin de situation couvrant la période de janvier à mars 2026, 364 cas ont été signalés via les réseaux sociaux, soit une moyenne de 121 disparitions par mois.
Un phénomène en légère baisse mais toujours préoccupant. Un chiffre en baisse par rapport à 2025 à la même période, mais qui reste préoccupant au regard de la vulnérabilité des profils concernés. « On observe une diminution relative, mais cela ne doit pas masquer la gravité du phénomène », confie un acteur associatif engagé dans la protection de l’enfance. « Chaque disparition reste une urgence humaine. »
Les mineurs, premières victimes
Les mineurs apparaissent comme les principales victimes : ils représentent 69 % des cas recensés. Cette tendance met en lumière les failles qui existent dans la protection de l’enfance, notamment dans un contexte marqué par la précarité et l’exposition aux risques urbains. Les personnes en situation de handicap constituent quant à elles 8 % des disparus, parmi lesquelles 60 % souffriraient de troubles mentaux. Pour une travailleuse sociale basée à Yaoundé, « ces chiffres traduisent surtout un manque d’encadrement et d’accompagnement des familles vulnérables. Les enfants restent les plus exposés. »
Des foyers urbains particulièrement touchés
Sur le plan géographique, la région du Centre enregistre le plus grand volume de signalements (34,8 %), suivie du Littoral (31,5 %) et de l’Ouest. Des quartiers comme Odza, Nkoabang, Emana Nyom ou encore New-Bell figurent parmi les zones les plus touchées. Cette concentration urbaine interroge sur les dynamiques locales de sécurité et de cohésion sociale. « Dans ces zones, la densité de population et les difficultés économiques favorisent les situations à risque », explique un responsable communautaire. « Il devient difficile pour les familles de surveiller efficacement les enfants. »
Un profil dominé par les jeunes et les élèves
Le profil des disparus révèle une majorité masculine (54 %), avec une forte proportion d’élèves (57 %) et d’enfants. Les causes évoquées sont multiples : fugues intentionnelles (22 %), départs volontaires (17 %) ou encore conflits familiaux. Dans certains cas, des enlèvements sont également signalés.
Une alerte rapide, mais des retrouvailles limitées
Autre élément notable : la rapidité des signalements. Près de 45 % des disparitions sont déclarées en moins de deux jours, preuve d’une vigilance des familles, souvent relayée par les réseaux sociaux. Toutefois, seuls 58 cas ont abouti à des retrouvailles, soit une part encore limitée. Face à cette réalité, la question de la prévention, du suivi social et du renforcement des mécanismes d’alerte reste plus que jamais d’actualité. Pour de nombreux observateurs, une meilleure coordination entre familles, autorités et acteurs sociaux s’impose.
