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Il est un peu plus de 18 heures au carrefour Cradat, à Ngoa Ekellé. Le soleil tape, les klaxons fusent, et la foule ne désemplit pas. Entre étudiants pressés, motos-taxis en quête de clients et vendeurs à la criée, le carrefour vit au rythme d’une activité commerciale dense et continue.
Une effervescence permanente ! Sur le trottoir, des étals improvisés s’alignent. Téléphones d’occasion, écouteurs, vêtements, beignets, jus naturels : tout se vend ici, souvent à même le sol ou sur de petites tables en bois. Assise derrière une bassine de fruits, Mireille interpelle les passants : « Avocat ! Orange sucrée ! Venez goûter ! » Comme elle, ils sont nombreux à avoir choisi ce carrefour stratégique pour exercer une activité génératrice de revenus. Un peu plus loin, Kevin, étudiant le jour et vendeur de gadgets électroniques la nuit, explique : « Ici, il y a du mouvement. Les étudiants passent beaucoup, donc on vend facilement. Ça m’aide à payer mes charges. »
Entre débrouillardise et survie
Derrière cette animation, se cache une réalité économique bien connue des habitués. Pour beaucoup, ces petits commerces sont une question de survie. « Je ne peux pas rester sans rien faire », lance Paul, vendeur de beignets. « Même si ce n’est pas grand-chose, ça me permet de nourrir ma famille. » Certains commerçants disent avoir commencé avec très peu de moyens, misant sur l’affluence du lieu pour développer progressivement leur activité.
Un espace partagé et parfois saturé
Au fil des heures, la circulation devient plus difficile. Les motos slaloment entre les piétons, tandis que les vendeurs occupent chaque mètre disponible. Un conducteur de moto-taxi lâche, casque à la main : « Ce n’est pas facile de circuler ici, mais c’est aussi là qu’on trouve les clients. » Malgré les difficultés, chacun semble trouver sa place dans cette organisation spontanée.
Au Cradat, à Ngoa Ekellé, le commerce se réinvente chaque jour. Entre débrouillardise, opportunités et forte affluence, ce carrefour s’impose comme un véritable poumon économique local, animé par ceux qui y cherchent, au quotidien, de quoi vivre.
